Conscience

article : Conscience professionnelle et personnelle

La différence entre un psychopathe et une personne saine?

La conscience.

C’est vrai aussi concernant le management.

Il y a quelques années, en poste à NY, j’ai reçu le CV d’une personne très qualifiée, qui comportait cette mention : « I have a conscience ».

Le message était limpide. Je ne ferai que ce qui est éthique, humain et correct.

Cela venait en contradiction avec une approche opposée, « desperate manager », autrement dit « manager prêt à tout ».

La conscience est cette petite personne qui nous habite et nous donne son avis, ses opinions, sur les situations, les relations que nous entretenons avec autrui, nos comportements, nos idées, nos envies, nos ambitions, nos engagements, nos responsabilités et bien sûr notre travail.

Autant dire qu’elle tient une place importante dans nos vie, et nos décisions.

Une décision, toutefois, lui échappe. Celle de la faire taire.

Dans ce cas, elle s’émeut, est ébranlée, et triste. Bien qu’elle souffre, elle ne se met pas en colère.

Elle se tait, et attend son moment. Il finit toujours par venir. Elle est patiente.

Elle observe, prend note, se souvient et part se réfugier dans l’inconscient…

Elle laisse la place à l’instinct, et se tait.

Elle sait que, pour avoir été bâillonnée, la fatalité s’imposera, tôt ou tard, car la nature a horreur du vide, et qu’elle sera remplacée par la perversité. Quand la conscience est muette, le pire se prépare, autour de soi, et in fine pour soi.

Tout humain a une conscience. Elle est une amie, une alliée, une force intérieure. C’est elle qui nous permet de combattre les vices, les perversions, l’immoralité et, surtout, les peurs.

On la confond parfois avec la morale, l’éducation.

On peut être moraliste, bien éduqué et faire taire sa conscience. C’est la base du tartuffe, des concussionnaires et des fraudeurs en tout genre.

Certains sacralisent leur conscience et la consultent en permanence. D’autres, à l’inverse, aiment la contrarier, la renier, la traiter de chochotte, ou de vieille fille effarouchée. Ils prennent plaisir à la brimer, la rabaisser, se jouer d’elle.

La perversité est source de volupté avant d’être source de calamité.

S’autoriser tout et n’importe quoi au nom de je ne sais quoi d’autre que l’égoïsme, du narcissisme, et de l’égocentrisme, est un choix. Il est définitif.

Pragmatiquement, bâillonner sa conscience « de temps en temps » selon les situations, les interlocuteurs, est générateur de dissonance cognitive et de stress. Les deux sont pénibles. D’où la recherche de satisfactions …

In fine, nous sommes l’expression de notre conscience ou de son silence.

Dans ma longue vie, j’ai vu plusieurs « miracles » ; des prises de conscience, souvent provoquées par des accidents de la vie. Des personnes ont alors libéré la voix de leur conscience, et se sont transformées.

Leur conscience leur a pardonné, a atténué leurs remords, les a ouverts vers un monde qu’ils ignoraient à dessein.

Ils se sont alignés avec leur âme trop longtemps enfouie sous la neige du paraître.

Puissent ces miracles devenir des «banalités » …

La conscience est aussi un miroir, et l’image qu’elle nous renvoie mérite d’être regardée avec soin.

Elle éclaire nos « cas de conscience », et nous ouvre la voie vers des prises de conscience salvatrices des errements qui pourraient être les nôtres dans nos postures, nos raisonnements et nos décisions.

Il n’est jamais trop tard pour écouter sa conscience, elle n’est pas rancunière, elle est toujours prête à redevenir notre alliée et parfois notre guide.

Pour terminer ce texte « sérieux », un peu d’humour ?

Dans la culture canadienne, on s’excuse beaucoup. Il est d’ailleurs dit que, si une personne canadienne s’excuse moins de trois par jour, elle risque de se voir retirer sa nationalité.

Consciencieusement vôtre,

Gdc